Chantiers longues durées, de vraies rencontres...

Il arrive qu'une requête en amène une autre, et que, de simples corps d'enduit et finition chiffrés et réalisés dans un salon, on me confie ensuite parfois d'autres tâches, s'échelonnant sur des semaines, voire des mois.

On rentre alors nécessairement dans d'autres types de relations que sur des chantiers de courtes durées, et c'est là que nous surprennent toutes sortes de choses : d'origines sociales souvent différentes, on trouve néanmoins tant à échanger, observer et apprendre de l'autre.


Je suis toujours étonnée de ce qu'il m'est donné à vivre lors de telles aventures (un échange récent avec un autre enduiseur de mon secteur confirmait que ce phénomène n'était pas rare, et nous nous en réjouissions l'un l'autre).


Un rythme particulier s'installe, d'autres codes, il nous arrive même de périodiquement loger sur place pour limiter les trajets, et être plus concentrés, comme immergés dans un univers parallèle, hors du temps.

Certaines fois les clients peuvent nous accueillir dans une chambre d'amis, un gîte, ou chez un de leurs voisins, un parent, d'autres fois ce n'est pas possible. Il m'arrive alors d'évoquer ma yourte, l'éventualité de la poser sur place le temps du chantier, mais ce n'est pas si simple.

En effet, rares sont les communes qui n'y voient pas d'inconvénient.

Il est légalement possible de déclarer la pose d'un tel habitat lors de travaux (la monter à proximité du chantier, ou dans une STECAL*), mais nombre d'élus y sont encore frileux.

Quel dommage !

Les habitats légers n'ont pas toujours bonne presse, ou seulement admis et réservés aux accueils de loisirs touristiques.

Mais tous ne voient pas forcément cela d'un mauvais œil, et il m a été offert, une fois seulement, mais une fois déjà, de poser ma structure sur un terrain privé.


Cette opportunité fût une aubaine, et j'espère pouvoir réitérer, car cela avait vraiment du sens pour moi.

Une artisane 100% écolo (ou presque), de la prestation en enduits naturels au mode de vie économe, à quelque chose près autonome (ni eau ni électricité sous la yourte, mais éclairage à la lampe à batterie, et possibilité de douche sur le chantier attenant).

Une fois sur place, un minimum d'impact..... idéal, non ?!

Pas toujours simple un habitat aussi spartiate, mais je crois avoir rarement été autant en phase avec mes principes que sur cette période-ci.


Vivement donc que les choses bougent, et que nous puissions, ensemble, discuter de ces sujets avec plus de facilité. Demander une autorisation, se poser plus ou moins longtemps, selon, et replier le tout une fois terminé.


*


Cet article est justement rédigé alors que j'essais de trouver un nouveau pied à terre sur mon secteur. Et pourquoi pas dans cette yourte ?

J'étudie le sujet, travaille le terrain patiemment, afin de voir si ce serait envisageable. Qui sait ?

Une connaissance me disait justement :

"- Si tu pars perdante d'avance, évidemment ça n'arrivera pas !

Si en revanche tu y crois, fais valoir tes valeurs, peut-être trouveras-tu.

Ça peut valoir le coups."


Je lance donc une bouteille à la mer :

Si une commune veux bien m'accueillir sur le secteur de St-Antonin-Noble-Val que j'affectionne tant, je suis preneuse !

Sinon, sans doute la vendrais-je, inutile de se battre contre des moulins à vents...

mais j'aurai essayé, je serai allée au bout.

À suivre !